
Les jumeaux numériques urbains se développent partout dans le monde — de la gestion du trafic à Zurich aux systèmes de gestion de l’eau à Odense. Mais Bologne va plus loin avec un nouveau modèle : le Civic Digital Twin (CDT).
Lancé en 2023, ce dispositif ne se contente pas de reproduire les infrastructures physiques de la ville. Il intègre également les comportements, les préférences et les dynamiques sociales des habitants au sein du jumeau numérique urbain.
Les auteurs de l’article soulignent que le CDT peut devenir :
En bref : un outil non seulement technique, mais aussi démocratique.
Deux applications concrètes se distinguent pour Bologne — et pour d’autres villes :
Repenser les règles de circulation, comme le plan de mobilité à 30 km/h, tout en mesurant les émissions, mais aussi l’acceptabilité sociale et les impacts économiques.
Accompagner la planification à l’échelle des quartiers en alignant les politiques urbaines sur les besoins et les aspirations des habitants.
Porté par la municipalité de Bologne, le jumeau numérique de la ville constitue un projet pilote de 7 millions d’euros, cofinancé par les fonds européens de cohésion et le Plan national italien pour la reprise et la résilience.
Piloté par un consortium public de R&D — Comune di Bologna, Fondazione Bruno Kessler - FBK, l’Université de Bologne, CINECA et Fondazione IU Rusconi Ghigi —, le projet connecte des données en temps réel provenant des acteurs locaux et des citoyens afin d’améliorer la prise de décision en matière de mobilité, d’énergie, d’aménagement urbain et de résilience climatique.
Point essentiel : le jumeau numérique intègre également des principes d’IA éthique et de gouvernance démocratique des données.
Dans la transformation numérique de la vie urbaine, il est essentiel de ne pas oublier que les villes sont avant tout faites de personnes. L’échec du projet Quayside de Google à Toronto a montré que même les visions urbaines les plus ambitieuses peuvent se heurter à un manque de confiance des citoyens et à une gouvernance insuffisamment claire.
Bologne nous rappelle ainsi que, si l’IA et les outils numériques sont puissants, c’est en plaçant les citoyens au cœur de la démarche que nous pouvons construire des villes durables, de confiance et véritablement vivables.