
C’est une 1e en France et un signal fort à l’écosystème culturel et financier. Après 2 ans de négociations, Colony Investment Management annonce l’acquisition de 51 % de la galerie Perrotin, née à Paris et devenue l’un des leaders mondiaux de l’art contemporain. Ce rapprochement stratégique redessine les contours du marché de l’art et positionne le Grand Paris comme territoire pionnier d’alliances inédites entre finance et culture.
Perrotin, bien plus qu’une galerie
Fondée en 1990, Aujourd’hui est une marque globale : 12 lieux d’exposition dans 9 métropoles sur 3 continents (Paris, New York, Séoul, Tokyo, Dubaï…), 80 artistes représentés, plus de 20 foires par an, une stratégie innovante mêlant éditions, produits dérivés, reventes, et nouveaux formats (ex. : reconversion du cinéma Del Mar à Los Angeles).
Perrotin est à la fois laboratoire créatif et entreprise d’envergure, structurée pour la scalabilité et tournée vers l’innovation (logiciel de suivi des ventes, équipe tech interne, diversification produits…).
Nadra Moussalem, PDG de Colony IM : « Le groupe Perrotin est une marque mondiale, solide, avec un potentiel d’expansion unique ».
Galeries & capital-investissement : une nouvelle alliance
Si Sotheby's (Drahi) ou Christie's (Pinault Collection) ont intégré des groupes privés, c’est la première fois qu’un fonds de private equity prend le contrôle d’une galerie contemporaine de premier rang.
Traditionnellement positionné sur l’immobilier et le crédit, Colony IM voit dans l’art non seulement un actif résilient face aux incertitudes économiques, mais surtout un levier d’expansion dans des secteurs à forte valeur intangible.
Perrotin y gagne une capacité d’investissement accrue, tout en préservant un leadership artistique reconnu : Emmanuel Perrotin conserve la présidence et la stratégie artistique, dans un modèle de gouvernance inédit.
E. Perrotin: « Ce partenariat stratégique est un message fort et positif de notre désir de faire évoluer notre métier ».
Ce message dépasse cette galerie : il dessine un nouveau modèle de galeries, entre création, marque et croissance.
Un marché en recomposition
Selon le Art Basel & UBS DIGITAL ART MUSEUM Market Report 2025, les ventes mondiales ont reculé de 12 % en 2024 (57,5 Mds $), mais le nombre de transactions a progressé +3 %, marquant un marché plus fragmenté, plus accessible, plus digitalisé.
En France, les ventes baissent de 10 % (4,2 Mds $), mais la part de marché mondiale reste stable (7 %). Pour 2025, 33 % des galeries prévoient une reprise, 47 % une stabilité.
Dans ce contexte, l’entrée de fonds d’investissement au capital d’acteurs culturels devient une réponse structurelle aux défis de croissance, de résilience, et de transformation du secteur.