
Version française
Propos recueillis par Louise Limare, le 3 octobre 2025.
« Présenter à Paris, ce n’est pas seulement montrer une collection : c’est décoloniser la mode et donner une portée mondiale à des récits issus de nos communautés. »
Les Cahiers de l’Attractivité #4 – Mode ont ouvert un espace de dialogue sur les transformations de l’industrie. Dans ce prolongement, nous poursuivons la conversation avec Day Molina, contributrice de cette édition. À Paris, lors de la Fashion Week de septembre 2025, elle présentait sa collection Nalimo ; nous avons assisté à son défilé et à une conférence RunwayVision sur la mode éco-responsable au Brésil.
Créatrice de mode et militante autochtone, Day Molina revient sur ce que signifie pour elle de présenter ses collections à Paris, sur la portée politique et collective de son travail et sur la manière dont la mode peut devenir un véritable levier de transformation sociale.
Vous avez défilé pour la 4e fois à Paris: qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Day Molina (DM) : Présenter à Paris est profondément symbolique pour moi. Mon travail est intimement lié à la culture, mais aussi aux dimensions politiques et sociales de la mode. Être ici, pour la 4e fois, c’est faire le lien entre un travail ancré localement, au Brésil, et une scène véritablement globale. Amener à Paris des récits issus de ma communauté, de cultures locales et autochtones, c’est un geste fort.
Pendant longtemps, les personnes d’origine indigène n’étaient ni visibles, ni reconnues comme des talents dans la mode. Défiler à Paris, c’est participer à une avancée majeure et à une forme de décolonisation de la mode qui se trouve au cœur même de ma recherche. Ma collection Nalimo, par exemple, rend hommage à Chico Mendes, militant et environnementaliste amazonien. Ce n’est pas seulement un hommage : c’est un manifeste politique et social. Protéger l’Amazonie, c’est aussi protéger celles et ceux qui la défendent. Porter ce message à Paris, capitale mondiale de la mode, c’est lui offrir une visibilité incomparable.
Avec plus de 200 défilés dans différents pays, quels lieux vous ont le plus marqué?
DM : J’ai effectivement présenté plus de 200 défilés, pas seulement comme créatrice de ma marque, mais aussi comme directrice artistique pour d’autres maisons. Ma carrière a commencé bien avant Nalimo, avec plus de quinze ans dans la mode, dont une dizaine entièrement dédiée au développement de ma propre marque.
Honnêtement, je ne crois pas qu’il existe un lieu « parfait ». Ce qui compte pour moi, c’est la liberté. Je ne me définis pas seulement comme designer, mais aussi comme penseuse, comme intellectuelle. Peu importe le pays, que ce soit en Amérique latine, en Europe ou ailleurs, ce qui rend un lieu spécial, c’est sa capacité à toucher les gens de manière sincère, à travers les idées, les valeurs et les expériences que je partage. Ce n’est ni une question de tendance. ni d’esthétique pure. C’est une question de sens.
Selon vous, qu’est-ce qui distingue Paris?
DM : Paris respire la mode, et c’est extrêmement inspirant. Ici, j’ai le sentiment que les gens comprennent profondément ce que je veux exprimer. Les valeurs et le propos de Nalimo sont entendus et reconnus.
En tant que capitale de la mode, Paris a une responsabilité particulière : celle d’absorber, de comprendre et de relayer des démarches engagées comme la nôtre. Ce que nous vivons ici fait écho à ce que nous essayons de construire au Brésil depuis des années. Paris agit comme une caisse de résonance, une voix amplifiée, qui nous permet d’envisager des changements à une échelle beaucoup plus large.
Lors de la conférence Fashion Talk – Sustainability par RunwayVision, vous avez évoqué le problème du racisme et d’autres formes de discrimination dans la mode. Constatez-vous les mêmes mécanismes partout, ou varient-ils selon les pays et les villes ?
DM : Il y a des constantes, mais les formes et le degré varient selon les pays, voire même les villes. À São Paulo, par exemple, le racisme est très présent et les opportunités restent rares pour beaucoup de personnes racisées. Les cas de discrimination dans la mode y sont encore fréquents, même si l’on voit émerger des prises de conscience et des évolutions. Au Brésil, les enjeux sont particulièrement complexes, car ils touchent l’ensemble du système : il y a le racisme, mais aussi le sexisme, et souvent leur combinaison. La difficulté pour les femmes, notamment racisées et autochtones, d’accéder à des positions de leadership reste un combat quotidien.
Ces mécanismes existent aussi dans d’autres régions d’Amérique latine, et plus largement dans le monde artistique. En Europe, mon expérience a parfois été plus apaisée, sans pour autant que les obstacles disparaissent.
Vous répétez souvent que la mode est un milieu exigeant et que le véritable défi est d’y perdurer. Qu’est-ce qui vous permet de tenir dans le temps?
DM : La clé, c’est la résilience accompagnée de sagesse. Le plus difficile n’est pas d’arriver, ni même d’exister, mais de durer. Et de durer de manière pertinente, respectueuse et intelligente.
Les systèmes en place ne sont pas conçus pour nous accueillir dans ces espaces. Perdurer et persévérer demande donc une immense force intérieure, la capacité de dépasser les limites, les refus et les obstacles, sans jamais renoncer à ses valeurs.
Dans votre entretien, il y a deux ans, vous souligniez déjà l’importance de la mode éco-circulaire. Avez-vous le sentiment que le secteur a progressé depuis ?
DM : Des changements ont eu lieu, et ils continuent d’avoir lieu, mais beaucoup de choses doivent continuer à évoluer. Deux ans, c’est à la fois court et long. Beaucoup peut se passer, mais je m’inscris dans une trajectoire bien plus vaste, presque cosmique, guidée par une vision autochtone du temps et de la présence.
Il y a deux ans, je n’imaginais pas être à Paris un jour, ce n’était même pas un objectif. À l’époque, j’étais à New York, travaillant sur les tenues du Président Lula, de la Première dame et de la délégation amazonienne. Défiler à Paris est la conséquence naturelle d’un travail collectif qui dépasse largement ma personne.
Il inclut les femmes, notamment indigènes, qui confectionnent nos vêtements au Brésil, avec soin et engagement. Être à Paris, c’est aussi les amener symboliquement avec nous.
Nous souhaitons aller plus loin encore, notamment en ouvrant un atelier ici. Pour renforcer les liens, élargir la communauté et continuer à construire une culture de la mode ancrée dans le respect, la diversité et le collectif.
Que vous a apporté concrètement cette soirée organisée à Paris?
Cette soirée a été très importante pour nous. Il y avait des marques venues de différents pays, du Brésil, mais aussi d’Europe et cette diversité est toujours une grande source d’inspiration. Même lorsque les organisateurs sont brésiliens, le fait qu’ils soient installés en Europe crée déjà un dialogue différent, plus ouvert, plus international.
Mais ce qui me touche le plus, ce sont les moments que nous construisons de manière indépendante. Quand nous produisons nos propres présentations, nous pouvons vraiment transmettre notre message : à travers la musique, la mise en scène, les conversations, l’émotion. C’est là que notre travail prend tout son sens, parce que nous restons profondément connectés à notre raison d’être. À cet égard, ce fut une journée heureuse et très forte symboliquement.
Mais ce n’est qu’une étape. Nous savons que nous pouvons aller encore plus loin. Les prochains défilés à Paris seront encore plus puissants, parce que notre ambition, notre engagement et notre collectif continuent de grandir.
Le 29 septembre 2025, à l’approche de la COP30, Runway Vision a organisé Fashion Talk – Sustainability, une conférence dédiée à la décarbonation de la mode et aux pratiques durables. Deux invitées ont partagé leurs visions et initiatives : Day Molina (créatrice de Nalimo et militante autochtone), Cris Dios (Cosmétologue, créatrice de la marque Laces and Hair) sous la modération de Clarissa Magalhães (journaliste, co-fondatrice de Regenerative Fashion Futures et contributrice pour Revista Têxtil).
Au centre des échanges, Day Molina a présenté sa démarche, où mode et engagement écologique se rejoignent. Pour elle, la création vestimentaire est un outil de transformation sociale, culturelle et environnementale, capable d’inspirer de nouveaux modèles économiques et de renforcer l’autonomisation des communautés locales.
Pour Day Molina, la mode est intrinsèquement liée à la bioéconomie et à la préservation de la biodiversité. Chaque pièce de sa collection est conçue en valorisant les savoirs traditionnels, les matériaux locaux et le travail des femmes des communautés autochtones. Cette démarche vise à renverser les modèles productivistes et industrialisés, en montrant que la créativité peut être un moteur de cohésion sociale et de développement durable.
Sa collection présentée à Paris rend hommage à Chico Mendes, figure emblématique de la défense de l’Amazonie, assassiné en 1988. Pour Day Molina, cet hommage est symbolique, mais il illustre également la nécessité de combiner protection de la nature et respect des communautés qui la préservent. La collection devient ainsi une narration activiste, où chaque vêtement raconte une histoire, porte un message et invite à repenser notre relation à la planète.
Créer une marque autochtone dans le secteur de la mode n’est pas simple : Day Molina a dû surmonter préjugés, racisme et manque de compréhension de la part de l’industrie traditionnelle. Pourtant, elle est parvenue à participer à plus de 200 défilés au Brésil et à l’international, ouvrant la voie à d’autres créateurs autochtones et démontrant que la pérennité dans la mode est possible lorsqu’elle est guidée par le sens et l’éthique.
Au-delà de la création, Day Molina insiste sur l’importance de partenariats durables et éthiques. La mode bioéconomique, selon elle, doit valoriser l’humain autant que la matière, construire des chaînes de production respectueuses et créer des relations interculturelles basées sur le respect et la réciprocité. Son travail est ainsi un exemple concret de comment la créativité peut inspirer de nouveaux modèles économiques et sociaux, à l’échelle locale comme internationale.
Avec cette intervention, Day Molina a démontré que la mode peut être un vecteur puissant de sens, de mémoire et d’action pour l’environnement et les communautés, tout en restant créative, esthétique et inspirante. Sa collection à Paris illustre cette conviction : porter la forêt et les peuples autochtones sur les podiums, c’est faire dialoguer tradition et innovation pour un futur plus responsable.
Versión española
Entrevista realizada por Louise Limare, el 3 de octubre de 2025.
« Presentar en París, no es solo mostrar una colección : se trata de descolonizar la moda y dar alcance global a las historias de nuestras comunidades. »
Ya colaboradora de nuestros Cahiers de l’Attractivité #4 – Mode, publicados en septiembre de 2025, nos reencontramos con Day Molina en París con motivo de la presentación de su última colección Nalimo durante la Fashion Week de septiembre 2026. Asistimos tanto a este desfile como a una conferencia dedicada a la moda eco-responsable en Brasil, organizada por RunwayVision en el contexto de la COP30, celebrada en Belém pocas semanas después.
Diseñadora de moda y militante indígena, Day Molina reflexiona sobre lo que significa para ella presentar sus colecciones en París, sobre la dimensión política y colectiva de su trabajo, y sobre cómo la moda puede convertirse en un verdadero motor de transformación social.
Es tu cuarto desfile en París. ¿Qué representa para ti presentar tus colecciones aquí? ¿Era un sueño? ¿Y qué simboliza París para ti como capital mundial de la moda?
Day Molina (DM): Presentar en París es profundamente simbólico para mí. Mi trabajo está íntimamente ligado a la cultura, pero también a las dimensiones políticas y sociales de la moda. Estar aquí es crear un puente entre un trabajo realizado localmente, en Brasil, y una escena verdaderamente global. Traer a París relatos provenientes de mi comunidad, de culturas locales e indígenas, es un gesto muy fuerte.
Durante mucho tiempo, las personas de origen indígena no eran vistas ni reconocidas como talentos en la moda. Estar aquí hoy es participar en un avance importante y en una forma de descolonización de la moda, que está en el centro de mi investigación. Esta colección, por ejemplo, rinde homenaje a Chico Mendes, militante y ambientalista amazónico. No es solo un homenaje: es un manifiesto político y social.
Proteger la Amazonía es también proteger a quienes la defienden. Presentar este mensaje en París, capital mundial de la moda, le da una proyección inmensa.
Has realizado más de 200 desfiles en el mundo. ¿Cuál ha sido tu lugar favorito y por qué?
DM: Efectivamente, he presentado más de 200 desfiles, no solo como creadora de mi marca, sino también como directora artística para otras casas. Mi carrera comenzó mucho antes de Nalimo, con más de quince años en la moda, de los cuales diez han estado dedicados íntegramente a mi propia marca.
Sinceramente, no creo que exista un lugar “perfecto”. Lo que realmente importa para mí es la libertad. No me defino únicamente como diseñadora, sino como pensadora, como intelectual. No importa el país, ya sea en América Latina, en Europa o en cualquier otro lugar, lo que hace especial a un sitio es la capacidad de tocar a las personas de manera sincera, a través de las ideas, los valores y las experiencias que comparto. No es una cuestión de tendencias ni de pura estética, sino de sentido.
En tu opinión, ¿qué hace que París sea diferente de otras ciudades donde has presentado tu trabajo?
DM: París respira moda, y eso es extremadamente inspirador. Aquí siento que las personas comprenden profundamente lo que quiero expresar. Los valores y el mensaje de Nalimo son escuchados y reconocidos.
Como capital de la moda, París tiene una responsabilidad particular: la de absorber, comprender y amplificar iniciativas comprometidas como la nuestra. Lo que vivimos aquí resuena con lo que intentamos construir en Brasil desde hace años. París actúa como una caja de resonancia, una voz amplificada, que nos permite imaginar cambios a una escala mucho mayor.
Durante la conferencia Fashion Talk – Sustainability organizada por RunwayVision, hablaste del racismo y de otras dificultades en el mundo de la moda. ¿Es una realidad en todas partes o varía según los países?
DM: Sí, varía según los países y las ciudades. En São Paulo, por ejemplo, el racismo está muy presente y las oportunidades siguen siendo escasas para muchas personas racializadas.
Los casos de discriminación en la moda todavía son frecuentes, aunque empiezan a surgir algunos cambios.
Estas problemáticas también existen en otras regiones de América Latina y en el mundo artístico en general. En Europa, mi experiencia a veces ha sido un poco más tranquila, aunque los desafíos siguen estando ahí.
En Brasil, los retos son particularmente complejos, porque afectan a todo el sistema: no solo el racismo, sino también el sexismo. La dificultad para que las mujeres, especialmente las mujeres racializadas e indígenas, accedan a posiciones de liderazgo sigue siendo una lucha cotidiana.
A menudo dices que la moda es difícil, pero que el verdadero reto es perdurar en este medio. ¿Cómo se traduce eso en tu día a día?
DM: La clave es la resiliencia, acompañada de sabiduría. Lo más difícil no es llegar, ni siquiera existir, sino permanecer. Y hacerlo de manera relevante, respetuosa e inteligente.
Los sistemas establecidos no están diseñados para acogernos en estos espacios. Persistir exige una enorme fuerza interior, la capacidad de superar límites, rechazos y obstáculos, sin renunciar jamás a nuestros valores.
En la entrevista que concediste hace dos años ya destacabas la importancia de la moda eco-circular. ¿Sientes que el sector ha avanzado desde entonces?
DM: Se han producido cambios, y siguen produciéndose, pero aún hay muchas cosas que deben evolucionar. Dos años pueden ser a la vez poco y mucho tiempo. Pueden pasar muchas cosas, pero yo me inscribo en una trayectoria mucho más amplia, casi cósmica, guiada por una visión indígena del tiempo y de la presencia.
Hace dos años no imaginaba estar hoy en París; ni siquiera era un objetivo. En ese momento estaba en Nueva York, trabajando en los atuendos del presidente Lula, de la primera dama y de la delegación amazónica. Estar aquí hoy es la consecuencia natural de un trabajo colectivo.
Si hubiera renunciado, no estaría viviendo esto. Este recorrido va mucho más allá de mí: es profundamente colectivo.
Incluye a las mujeres, especialmente indígenas, que confeccionan nuestras prendas en Brasil con cuidado y compromiso. Estar en París es también traerlas simbólicamente con nosotras.
Queremos ir aún más lejos, en particular abriendo un atelier aquí. Para reforzar los vínculos, ampliar la comunidad y seguir construyendo una cultura de la moda basada en el respeto, la diversidad y lo colectivo.
Después de esta presentación en París, ¿qué mirada tienes sobre esta noche y sobre lo que has vivido aquí?
DM: Esta noche fue muy importante para nosotros. Había marcas de diferentes países, de Brasil pero también de Europa, y esa diversidad siempre es una gran fuente de inspiración. Incluso cuando los organizadores son brasileños, el hecho de que estén establecidos en Europa crea un diálogo diferente, más abierto y más internacional.
Pero lo que más me conmueve son los momentos que construimos de manera independiente. Cuando producimos nuestras propias presentaciones, podemos transmitir verdaderamente nuestro mensaje: a través de la música, la puesta en escena, las conversaciones, la emoción. Es ahí donde nuestro trabajo cobra todo su sentido, porque permanecemos profundamente conectadas con nuestra razón de ser.
Fue una jornada feliz y muy fuerte simbólicamente. Pero es simplemente una etapa. Sabemos que podemos ir mucho más lejos. Los próximos desfiles en París serán aún más potentes, porque nuestra ambición, nuestro compromiso y nuestro colectivo siguen creciendo.
El 29 de septiembre de 2025, en vísperas de la COP30, Runway Vision organizó la Fashion Talk – Sustainability, una conferencia dedicada a la descarbonización de la moda y a las prácticas sostenibles. Dos invitadas compartieron sus visiones e iniciativas: Day Molina (diseñadora de Nalimo y activista indígena) y Cris Dios (cosmetóloga y creadora de la marca Laces and Hair), bajo la moderación de Clarissa Magalhães (periodista, cofundadora de Regenerative Fashion Futures y colaboradora de Revista Têxtil).
En el centro de los intercambios, Day Molina presentó su enfoque, en el que la moda y el compromiso ecológico se encuentran. Para ella, la creación de prendas es una herramienta de transformación social, cultural y ambiental, capaz de inspirar nuevos modelos económicos y de fortalecer la autonomía de las comunidades locales.
Para Day Molina, la moda está intrínsecamente ligada a la bioeconomía y a la preservación de la biodiversidad. Cada pieza de su colección se diseña valorizando los saberes tradicionales, los materiales locales y el trabajo de las mujeres de las comunidades indígenas. Este enfoque busca revertir los modelos productivistas e industrializados, demostrando que la creatividad puede ser un motor de cohesión social y de desarrollo sostenible.
La colección presentada en París rinde homenaje a Chico Mendes, figura emblemática de la defensa de la Amazonía, asesinado en 1988. Para Day Molina, este homenaje es simbólico, pero también ilustra la necesidad de combinar la protección de la naturaleza con el respeto a las comunidades que la preservan. La colección se convierte así en una narrativa activista, donde cada prenda cuenta una historia, transmite un mensaje e invita a repensar nuestra relación con el planeta.
Crear una marca indígena en el sector de la moda no es sencillo: Day Molina ha tenido que superar prejuicios, racismo y la falta de comprensión por parte de la industria tradicional.
Sin embargo, gracias a su trabajo constante y a su formación profesional, ha participado en más de 200 desfiles en Brasil y a nivel internacional, abriendo camino a otros creadores indígenas y demostrando que la sostenibilidad en la moda es posible cuando está guiada por el sentido y la ética.
Más allá de la creación, Day Molina subraya la importancia de las alianzas duraderas y éticas. La moda bioeconómica, según ella, debe valorar a las personas tanto como a los materiales, construir cadenas de producción responsables y crear relaciones interculturales basadas en el respeto y la reciprocidad. Su trabajo es así un ejemplo concreto de cómo la creatividad puede inspirar nuevos modelos económicos y sociales, tanto a nivel local como internacional.
Con esta intervención, Day Molina demostró que la moda puede ser un poderoso vehículo de sentido, memoria y acción en favor del medio ambiente y de las comunidades, sin renunciar a la creatividad, la estética y la capacidad de inspirar. Su colección presentada en París encarna esta convicción: llevar el bosque y a los pueblos indígenas a las pasarelas es hacer dialogar tradición e innovación para construir un futuro más responsable.