Du dark tourism au patrimoine culturel : pourquoi Paris est à la pointe du “tourisme des tombes”

Quelques jours après Halloween, alors que fantômes et légendes flottent encore...
Auteur
Zahia Attar
Publié le
5/11/2025

Quelques jours après Halloween, alors que fantômes et légendes flottent encore dans l’air, intéressons-nous à une autre forme de fascination pour la mort — une fascination qui redéfinit le tourisme dans des villes comme Paris.

Alors que le dark tourism attire des millions de visiteurs vers des lieux de mémoire et de tragédie, d’Hiroshima à Ground Zero, une forme plus discrète et introspective émerge dans les grandes métropoles : le tourisme des tombes.

Évalué à 31,9 milliards de dollars en 2023 et estimé à 38,6 milliards d’ici 2030 (Grand View Research, Inc), le marché du dark tourism reflète un intérêt mondial croissant pour les lieux qui nous relient à l’histoire, à la perte et à l’héritage.

À Londres, les cimetières du Magnificent Seven abritent Karl Marx et Emmeline Pankhurst. À Venise, San Michele offre silence et vues sur la mer. Pourtant, aucune ville n’incarne ce phénomène comme Paris.

Le cimetière du Père-Lachaise, le site funéraire le plus visité au monde, fut à l’origine un projet périphérique d’innovation urbaine. Au XIXe siècle, l’urbaniste Nicolas Frochot y fit transférer stratégiquement des figures comme Molière et La Fontaine afin d’attirer les Parisiens vers les marges de la ville — un exemple précoce de placemaking culturel.

Aujourd’hui, plus de trois millions de visiteurs s’y rendent chaque année pour rendre hommage à Oscar Wilde, Édith Piaf, Jim Morrison ou Frédéric Chopin ou simplement pour se promener dans ses allées arborées, où se rencontrent sculpture, architecture et mémoire.

Cette nouvelle vague de fréquentation des cimetières, en hausse de +428 % dans les recherches Google en 2025, traduit une évolution du tourisme urbain : les voyageurs recherchent le calme, l’authenticité et des récits au-delà des images de carte postale. Autrefois conçus comme des jardins publics propices à la lecture, aux échanges et à la contemplation, les cimetières sont aujourd’hui redécouverts comme des musées à ciel ouvert, voire comme des lieux culturels, accueillant visites guidées, concerts ou sessions d’observation des oiseaux.

Mais cet engouement soulève aussi des questions éthiques : comment concilier curiosité et respect ? Comment trouver l’équilibre entre mémoire et mise en spectacle ?

Si elle est pensée avec justesse, cette forme de tourisme offre une manière puissante de se reconnecter à l’histoire urbaine et à la mémoire collective — et une fois encore, Paris donne le ton, en transformant ses lieux de repos en véritables lieux de vie symboliques.

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