Et si la propreté était le meilleur investissement d'une ville ?

À Paris, la municipalité lance un chantier d'envergure : traiter d'ici la fin de la mandature 1 000 "points noirs"...
Auteur
Louise Tirvaudey
Publié le
15/7/2026

À Paris, la municipalité lance un chantier d'envergure : traiter d'ici la fin de la mandature 1 000 "points noirs", ces lieux où les dépôts sauvages d'ordures et d'encombrants reviennent de manière récurrente.

L'approche est intéressante, car elle rompt avec une vision uniquement curative de la propreté. Il ne s'agit plus seulement de nettoyer davantage, mais de comprendre pourquoi certains espaces deviennent systématiquement des zones de dépôts ou d'incivilités.

Comme l'explique Emmanuel Grégoire :

« Les points noirs, c’est un travail d’identification des lieux dans lesquels il y a une récurrence d’incivilités, de malpropreté (…), l’objectif étant d’identifier les causes pour en traiter les effets. »

L'étude sur laquelle s'appuie la Ville a recensé 1 412 points noirs, répartis en plusieurs typologies. Les plus fréquents sont les recoins, les retraits de façade, les murs aveugles, les impasses ou encore certains équipements urbains. Autrement dit, l'aménagement de l'espace public peut, à lui seul, favoriser ou limiter certains comportements.

Pour Deborah Feldman, architecte ayant participé à cette étude, ces espaces disposent même d'« un potentiel de transformation formidable ». Végétaliser, améliorer les cheminements, installer de nouveaux usages ou revoir le mobilier urbain peut parfois suffire à faire disparaître durablement les dépôts sauvages.

Au fond, cette démarche nous rappelle que la propreté n'est pas uniquement une question de collecte des déchets. C'est aussi un sujet d'urbanisme, d'architecture, de conception des espaces publics et de comportements.

Et c'est précisément ce qui en fait un facteur d'attractivité.

Avant même de découvrir une ville, on en perçoit l'état de ses rues. La propreté influence immédiatement le sentiment de sécurité, la qualité perçue du cadre de vie et, plus largement, l'image que l'on se fait d'un territoire. Pour les habitants, les touristes, les étudiants, les entreprises ou les investisseurs, ces signaux comptent.

À l'heure où les métropoles rivalisent pour attirer talents, visiteurs et nouvelles activités économiques, la propreté ne peut plus être considérée comme un simple sujet de services urbains. Elle devient un véritable marqueur de la qualité de gestion d'une ville et de sa capacité à offrir un espace public agréable, accueillant et durable.

L'attractivité d'une métropole ne se construit pas uniquement avec de grands projets ou des opérations emblématiques. Elle se joue aussi dans ces petits espaces du quotidien, ceux que l'on traverse chaque jour… et qui façonnent, souvent inconsciemment, notre perception de la ville.

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