La réparation au cœur de la mode durable

Entretien avec Thami Schweichler, Co-fondateur et Président exécutif de l'United Repair Centre
Auteur
Juliette Podglajen
Publié le
12/2/2026

Version française

Propos recueillis par Juliette Podglajen, le 10 juin 2025 et le 27 janvier 2026.

La réparation au cœur de la mode durable

Entretien avec Thami Schweichler, Co-fondateur et Président exécutif de l’United Repair Centre

« La réparation est l'élément fondamental qui pourra conduire à un nouveau changement de l'industrie de la mode, cette fois vers plus de durabilité. » - Thami Schweichler, co-fondateur et président exécutif de l’United Repair Centre

L’United Repair Centre est une entreprise de réparation B2B pour les marques, créatrice d'impact social et environnemental. Fondée en 2022 à Amsterdam, elle a ouvert une antenne à Londres en 2023 et une nouvelle antenne à Paris va ouvrir en février 2026 à la Manufacture Berlier (13e arrondissement). 

Dans cet entretien, Thami Schweichler, co-fondateur et président exécutif, éclaire le rôle de la réparation dans la transition écologique de la mode et les évolutions à l’œuvre, autant du côté des lois que des marques et des consommateurs.

Quel est votre rôle au sein de l’United Repair Centre ?

Thami Schweichler (TS) : J’en suis le co-fondateur avec Paul Kerssens. Mon rôle est le développement stratégique, c’est-à-dire aussi bien l’expansion et les relations avec les investisseurs et notre réseau que les relations avec notre conseil. Je travaille notamment sur la levée de fonds. Paul gère quant à lui les aspects opérationnels, notamment technologiques et commerciaux.

L’idée que la réparation ne puisse s’inscrire dans un modèle économique rentable reste tenace dans l’industrie de la mode. Comment y répondez-vous ?

TS : Tout d’abord, il est important d’insister sur un simple fait : la réparation a toujours été une étape de la vie des vêtements – jusqu’à très récemment.

Le changement s’est produit avec les dernières générations et l’avènement de la production de masse et du secteur de la fast-fashion. Le rapport entre le coût de la réparation et le coût d'achat s’est alors totalement transformé : c'est devenu moins cher d'acheter un nouveau vêtement que d’entretenir celui qu'on a déjà. Le problème central de ce nouveau schéma est qu’il coûte à la planète.

Selon moi, la réparation est l'élément fondamental qui pourra conduire à un nouveau changement de l'industrie de la mode, cette fois vers plus de durabilité. De manière très simple, l’achat de vêtements doit être vu de la même manière que l’achat d’une voiture : on ne change pas de voiture parce que son pneu est crevé.

Pour mettre en place la réparation à grande échelle, il est nécessaire d’avoir le volume, la technologie et la qualité intrinsèque. Mais la première étape est la prise de conscience des marques. Elles doivent sentir qu’il est de leur responsabilité de favoriser la réparation, à la fois d’un point de vue environnemental, mais aussi pour repenser leurs parcours clients. 

Le marché de la réparation est encore immature. En 2024, 180 milliards de vêtements ont été produits ; l’United Repair Centre peut faire jusqu’à 1 million de réparations à l'année. Ce n’est qu’une goutte d’eau.  Selon moi, la réparation à grande échelle se fera d’ici une quinzaine d’années et deviendra par la même occasion le centre de la relation entre les marques et leurs clients. 

Vous travaillez avec plusieurs marques. Comment abordent-elles la réparation ? Est-ce simplement pour elles une façon de montrer qu’elles s’engagent ou est-ce une première étape de transformation profonde de leur modèle ?

TS : Nous travaillons aujourd'hui avec plus de 30 marques, notamment des pionnières en matière de durabilité. Ces marques ont une vision long terme qui nous permet d’investir sur la création d’un programme de réparation à grande échelle. C’est essentiel car créer un programme de réparation nécessite la logistique, la finance, le marketing… Toute la marque doit être alignée sur cet objectif. 

Selon moi, leur motivation est d’abord marketing : la réparation crée une véritable valeur de marque. Ensuite, il y a un levier financier, puisque réparer plutôt que jeter permet d’économiser des coûts et de la matière. Enfin, une troisième motivation est extérieure, liée à la pression législative qui s’exerce sur les marques.

Certaines marques – et même beaucoup – n’ont pour le moment aucun intérêt à réparer, car leur produit n’est pas prêt. Que ce soit en termes de qualité ou de prix, la réparation ne se justifie pas à l’échelle de l’entreprise. Le passage à l’échelle de l’ensemble de l’industrie va donc prendre du temps.

Une fois que vous commencez à travailler avec une marque, la partie est-elle gagnée ?

TS : Nous établissons avec chaque marque un contrat d’un an minimum, avec renouvellement possible. Jusqu’à présent, aucune marque n’a manqué de renouveler le contrat. 

Chaque marque possède son histoire, sa tradition couture et sa technologie propres, ce qui nous confronte à des défis allant de l’expérience client à la complexité des produits. Le principal enjeu reste d’informer le consommateur de l’existence de notre service et de le convaincre de l’utiliser. Traditionnellement, les marques encouragent leurs clients à racheter leurs produits. La réparation exige un changement d’état d’esprit, souvent difficile à intégrer pour le consommateur, compte tenu de sa perception de la marque et de son niveau de sensibilisation à la durabilité. Notre défi consiste donc à communiquer et à proposer nos services de la manière la plus efficace possible.

Pour accélérer le passage à l'échelle, quel est le rôle de chacun entre l’État, les collectivités locales, les marques, les start-ups et les consommateurs ?

TS : La responsabilité repose d’abord sur les marques, puis sur le gouvernement national, et enfin sur le simple consommateur.

Ce triangle de la disruption est nécessaire pour favoriser le changement. Mais le consommateur ne fera rien si la marque ne donne pas la possibilité de faire : c’est pourquoi je suis convaincu que la responsabilité repose avant tout sur les marques. Certaines sont pionnières et ont la volonté de faire, mais elles restent rares – d’où l’enjeu d’une pression gouvernementale et législative. Le consommateur arrive en dernière instance et doit prendre conscience lui aussi de sa part de responsabilité, et choisir ses achats en conséquence.

La proposition de loi anti-fast-fashion française, adoptée par le Sénat en juin et devant désormais passer devant la commission mixte paritaire, a été saluée. Quel est votre avis sur cette proposition ? Au niveau international, certains États ou villes sont-ils plus avancés que d’autres ?

TS :  Je considère la France comme un pionnier mondial de la mode durable, tant sur le plan législatif qu’à travers des organismes comme Refashion, qui constitue un modèle inspirant et unique au monde. L’ancrage très fort des relations marque/consommateur en France participe également à renforcer la responsabilité des marques.

La législation aux Pays-Bas est également en faveur de la transition de l’industrie. De plus, une ville comme Amsterdam a su être pionnière et favoriser l’économie circulaire. C’est d’ailleurs là que l’United Repair Centre est né, grâce au lancement par le Conseil économique d'Amsterdam d’un dialogue autour de la circularité en collaboration avec Patagonia. 

Nous observons aussi des initiatives comme ReLondon ou les critères mis en place par la Fashion Week de Copenhague. Au-delà de l’Europe, il y a des évolutions similaires par exemple en Californie avec la extended producer responsibility, mais aussi au Canada, en Nouvelle-Zélande et en Australie... 

Ces initiatives sont notables, mais il ne faut pas oublier que l’enjeu de la transition écologique de l’industrie de la mode et du textile est global. 

Le marché mondialisé permet la production, le transport et la revente de produits qui n’ont aucun bénéfice pour la planète. Tant que ce marché manquera d’une régulation harmonisée, nos efforts en matière de circularité resteront un fil dans un océan de tissus. Les dommages causés par l’importation de Shein, Temu et autres géants de l’hyper fast-fashion étouffent ces bonnes volontés.

Un United Repair Centre à Paris en 2026

Qu’est-ce qui vous a conduit à ouvrir un centre à Paris ?

TS : La France est un marché clé. Le pays met en place des réglementations en faveur de la mode durable et se positionne comme un précurseur avec de nombreuses initiatives. Lors de nos recherches préalables, nous avons constaté que certaines régions françaises, principalement dans le sud, proposent déjà des services de réparation plus techniques. Nous nous sommes donc tournés vers Paris, aussi en raison de la présence de grandes marques sur le territoire. Lorsque l’opportunité de collaborer avec Refashion et la Ville de Paris s’est présentée, la décision d’implantation est devenue évidente.

Quelles sont vos priorités pour les mois à venir ?

TS : Nos trois priorités seront la réussite commerciale, la mise en place d’une Repair Academy en France pour assurer la formation, ainsi que le développement de notre équipe et de nos opérations.

Comment l’United Repair Centre recrute-t-il ses couturiers à Paris ? À quoi ressemble le processus de formation ?

TS : Nous recrutons via le réseau de tailleurs de Fashion Green Hub et d’autres organisations partenaires. Les candidats passent d’abord un test de compétences. Si celles-ci correspondent, ils sont recrutés et ensuite formés sur le terrain. Nous développerons également une Repair Academy à Paris afin de former des personnes ayant un accès limité au marché de l’emploi.

Quels partenaires ont contribué à cette implantation parisienne ?

TS : Refashion et la ville de Paris principalement. Nous avons également bénéficié de l'aide de Business France, qui nous a fourni le réseau nécessaire pour entrer en contact avec Fashion Greenhub. La ville de Paris nous a aidés à trouver un emplacement, et Refashion nous apporte son soutien.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour vous installer en France ?

TS : Les principales difficultés étaient liées à la compréhension du système juridique français et au choix de la structure organisationnelle la plus adaptée à notre statut d’entreprise B-Corp.

Des initiatives voient-elles le jour pour harmoniser le marché mondial ?

TS : Il existe quelques initiatives à Genève visant d’abord à définir ce qu’est la fast-fashion, un textile, un déchet ou encore la seconde main. Disposer de définitions communes sur ces notions serait déjà une avancée considérable.

Comment les changements de réglementation, selon les régions, pèsent-ils sur la stratégie de développement de l’United Repair Centre ?

TS : Notre stratégie dépend à 100 % de ces évolutions, car elles forment les conditions favorables à notre expansion.

Mais l’enjeu pour nous est aussi de travailler avec les marques pour augmenter la réparation en B to B et atteindre le point de bascule qui fera de la réparation le nouveau centre de l’industrie.

Vous avez évoqué l’utilisation de la technologie par l’United Repair Centre. Comment cela se concrétise-t-il ?

TS : La technologie est en quelque sorte notre seul élément différenciant vis-à-vis du réparateur que vous pourriez trouver au coin de la rue. Elle nous permet d'avoir accès au consommateur final des marques, de le lier à notre service et ainsi de fournir une expérience client inoubliable.

Aujourd'hui, la majorité des marques a perdu le contact direct avec le client et ne sait ni qui a acheté le vêtement, ni où, ni dans quelles conditions. La réparation permet de renouer le lien et de comprendre comment le vêtement vieillit et s’abîme. Notre plateforme permet de rassembler ces données et de les utiliser pour développer des services pour les marques.

À quoi serviraient les données collectées sur la réparation pour les marques ?

TS : Nos analyses de données sont utiles à trois niveaux.

Le premier est le niveau « produits ». Combien de produits ont été réparés ? Quelle était la réparation ? Cela aide au développement car mieux connaître les points faibles de chaque produit permet d’en améliorer la qualité, et in fine la réparabilité.

Le deuxième est l'impact : nous mesurons le gain écologique en quantifiant les tonnes d’équivalent CO₂ et de déchets textiles évités. 

Le troisième niveau est peut-être le plus intéressant : c'est la valeur ajoutée en termes de marketing. La réparation permet-elle une fidélisation des clients ? Nous utilisons donc la donnée pour prouver que la réparation ajoute une valeur financière.

Le testez-vous avec certaines marques ?

TS : Nous en discutons avec plusieurs marques, mais la réflexion est encore en cours. Cette idée est en quelque sorte le pendant du passeport numérique des produits en cours de développement à l’échelle européenne et qui sera mis en place en 2027. 

Quels sont les obstacles qui freineraient la transition de l’industrie de la mode et par là votre propre stratégie de développement ?

TS : La menace la plus importante se situe à l’échelle internationale : l’incertitude qui pèse sur les acteurs du fait du contexte macroéconomique, notamment avec la politique étrangère agressive de l’administration Trump.  Beaucoup de marques avec lesquelles nous travaillons nous font part de leur manque de visibilité.

Une deuxième menace se joue au niveau de chaque État : si la législation tarde à évoluer, c’est l’ensemble de la transformation du secteur qui est retardé.

Une troisième menace est interne à notre propre modèle. Nous demandons à des marques qui n'ont jamais réparé de mettre en place un programme de réparation. Il nous faut trouver un équilibre délicat :  ne pas aller trop vite, mais pas trop lentement non plus. Nous devons travailler main dans la main avec les marques pour définir un rythme qui permette de développer notre activité sans compromettre sa pérennité.

Et concernant la main-d'œuvre ?

TS : C’est un enjeu plus large, qui dépasse le secteur de la mode et du textile. La transition écologique demande une évolution des savoirs-faires, comme pour l’électrification des voitures, ou un retour de certaines compétences quasi disparues, comme pour la réparation des vêtements. Certaines de ces compétences et savoir-faire ne sont pas valorisés actuellement : l’éducation a un rôle fondamental à jouer pour changer les imaginaires.

Pour trouver de la main-d'œuvre, nous avons quant à nous créé la Repair Academy. 30 % de notre main d’œuvre en est aujourd’hui issu.

English version

Interview conducted by Juliette Podglajen on June 10, 2025, and January 27, 2026.

Repair at the heart of sustainable fashion

Interview with Thami Schweichler, Co-founder and Executive President of the United Repair Centre

« Repair is the fundamental element that could lead to a new change in the fashion industry, towards greater sustainability. » - Thami Schweichler, co-founder and executive president of the United Repair Centre

The United Repair Centre is a B2B repair company for brands, creating social and environmental impact. Founded in 2022 in Amsterdam, it opened a branch in London in 2023 and a new branch in Paris will open in February 2026 at the Manufacture Berlier (13th arrondissement).

In this interview, co-founder and executive president Thami Schweichler sheds light on the role of repair in the ecological transition of fashion and the changes underway, both in terms of legislation and among brands and consumers.

What is your role at the United Repair Centre?

Thami Schweichler (TS): I am the co-founder, along with Paul Kerssens. My role is strategic development, which includes expansion, investor relations, networking, and board relations. I work primarily on fundraising. Paul manages the operational aspects, particularly technology and sales.

The idea that repair cannot be part of a profitable business model remains stubbornly entrenched in the fashion industry. How do you respond to that?

TS: First of all, it's important to emphasize one simple fact: repair has always been a part of the life cycle of clothing – until very recently.

The change came with the latest generations and the advent of mass production and the fast-fashion industry. The ratio between the cost of repair and the cost of purchase has completely changed: it has become cheaper to buy a new garment than to maintain the one you already have. The central problem with this new model is that it is costing the planet.

In my opinion, repair is the fundamental element that could lead to a new change in the fashion industry, this time towards greater sustainability. Put simply, buying clothes should be viewed in the same way as buying a car: you don't change your car because you have a flat tire.

To implement large-scale repairs, you need volume, technology, and intrinsic quality. But the first step is brand awareness. Brands need to feel that it is their responsibility to promote repairs, both from an environmental perspective and to rethink their customer journeys.

The repair market is still immature. In 2024, 180 billion garments were produced; the United Repair Centre can make up to 1 million repairs per year. That's just a drop in the bucket. In my opinion, large-scale repair will happen within the next fifteen years or so and will become the centre of the relationship between brands and their customers.

You work with several brands. How do they approach repair? Is it simply a way for them to show their commitment, or is it the first step in a profound transformation of their model?

TS: We currently work with more than 30 brands, including pioneers in sustainability. These brands have a long-term vision that allows us to invest in creating a large-scale repair program. This is essential because creating a repair program requires logistics, finance, marketing... The entire brand must be aligned.

In my opinion, their motivation is primarily marketing-related: repair creates real brand value. Then there is the financial lever, since repairing rather than throwing away saves costs and materials. Finally, a third motivation is external, linked to the legislative pressure exerted on brands.

Some brands – and even many – have no interest in repairing at the moment because their product is not ready. Whether in terms of quality or price, repair is not justified on a company-wide scale. The transition to an industry-wide scale will therefore take time.

Once you start working with a brand, is the battle won?

TS: We establish a minimum one-year contract with each brand, with the option to renew. To date, no brand has failed to renew its contract.

Each brand has its own history, couture tradition, and technology, which presents us with challenges ranging from customer experience to product complexity. The main challenge remains informing consumers about our service and convincing them to use it. Traditionally, brands encourage their customers to repurchase their products. Repair requires a change in mindset, which is often difficult for consumers to embrace, given their perception of the brand and their level of awareness of sustainability. Our challenge is therefore to communicate and offer our services in the most effective way possible.

To accelerate the transition, what is the role of each stakeholder, including the government, local authorities, brands, start-ups, and consumers?

TS: Responsibility lies first with brands, then with the national government, and finally with individual consumers.

This triangle of disruption is necessary to promote change. But consumers will not take action if brands do not give them the opportunity to do so: that is why I am convinced that responsibility lies primarily with brands. Some are pioneers and are willing to take action, but they remain rare – hence the importance of government and legislative pressure. Consumers are the last resort and must also be aware of their share of responsibility and choose their purchases accordingly.

The French anti-fast-fashion bill, which was passed by the Senate in June 2025 and must now go before the joint committee, has been welcomed. What is your opinion on this proposal? At the international level, are some states or cities more advanced than others?

TS: I consider France to be a global pioneer in sustainable fashion, both in terms of legislation and through organizations such as Refashion, which is an inspiring and unique model worldwide. The very strong brand/consumer relationships in France also help to reinforce brand responsibility.

Legislation in the Netherlands also supports the industry's transition. In addition, cities such as Amsterdam have been pioneers in promoting the circular economy. It was there that the United Repair Centre was born, thanks to the Amsterdam Economic Council's launch of a dialogue on circularity in collaboration with Patagonia.

We are also seeing initiatives such as ReLondon and the criteria established by Copenhagen Fashion Week. Beyond Europe, there are similar developments in California, for example, with extended producer responsibility, but also in Canada, New Zealand, and Australia.

These initiatives are noteworthy, but we must not forget that the challenge of the ecological transition of the fashion and textile industry is global.

The globalised market allows for the production, transport, and resale of products that have no benefit for the planet. As long as this market lacks harmonised regulation, our efforts in terms of circularity will remain a drop in an ocean of fabric. The damage caused by imports from Shein, Temu, and other hyper-fast-fashion giants is stifling these good intentions.

A United Repair Centre in Paris in 2026

What led you to open a centre in Paris?

TS: France is a key market. The country is implementing regulations in favor of sustainable fashion and positioning itself as a pioneer with numerous initiatives. During our preliminary research, we found that certain regions of France, mainly in the south, already offer more technical repair services. So we turned our attention to Paris, also because of the presence of major brands in the area. When the opportunity to collaborate with Refashion and the City of Paris arose, the decision to set up shop there became obvious.

What are your priorities for the coming months?

TS : Our three priorities will be commercial success, setting up a Repair Academy in France to provide training, and developing our team and operations.

How does the United Repair Centre recruit its tailors in Paris? What does the training process look like?

TS: We recruit through the Fashion Green Hub network of tailors and other partner organizations. Candidates first take a skills test. If their skills match, they are recruited and then trained on the job. We will also develop a Repair Academy in Paris to train people with limited access to the job market.

Which partners contributed to this Parisian venture?

TS: Refashion and the City of Paris, mainly. We also benefited from the help of Business France, which provided us with the necessary network to get in touch with Fashion Greenhub. The City of Paris helped us find a location, and Refashion is providing us with support.

Did you encounter any particular difficulties in setting up in France?

TS: The main difficulties were related to understanding the French legal system and choosing the most appropriate organizational structure for our B Corp status.

Are there any initiatives underway to harmonise the global market?

TS: There are a few initiatives in Geneva aimed primarily at defining what fast fashion, textiles, waste, and second-hand goods are. Having common definitions for these concepts would already be a significant step forward.

How do regulatory changes in different regions affect the United Repair Centre's development strategy?

TS: Our strategy depends entirely on these developments, as they create favorable conditions for our expansion.

But the challenge for us is also to work with brands to increase B2B repairs and reach the tipping point that will make repairs the new focus of the industry.

You mentioned the United Repair Centre's use of technology. How does that work in practice?

TS: Technology is, in a way, our only differentiating factor compared to the repairer you might find around the corner. It gives us access to the brands' end consumers, connects them to our service, and thus provides an unforgettable customer experience.

Today, most brands have lost direct contact with their customers and don't know who bought the garment, where, or under what conditions. Repairing allows us to reconnect and understand how the garment ages and wears out. Our platform allows us to collect this data and use it to develop services for brands.

How would the data collected on repairs be useful to brands?

TS: Our data analyses are useful on three levels.

The first is the “product” level. How many products have been repaired? What was the repair? This helps with development because knowing more about the weak points of each product makes it possible to improve its quality and, ultimately, its repairability.

The second is impact: we measure the environmental benefit by quantifying the tons of CO₂ equivalent and textile waste avoided.

The third level is perhaps the most interesting: it's the added value in terms of marketing. Does repairing products help build customer loyalty? We therefore use data to prove that repairing adds financial value.

Are you testing this with certain brands?

TS: We are discussing it with several brands, but the process is still ongoing. This idea is, in a way, the counterpart to the digital product passport currently being developed at the European level, which will be implemented in 2027.

What obstacles could slow down the transition of the fashion industry and your own development strategy?

TS: The biggest threat is at the international level: the uncertainty weighing on players due to the macroeconomic context, particularly with the Trump administration's aggressive foreign policy. Many of the brands we work with tell us about their lack of visibility.

A second threat is at the state level: if legislation is slow to evolve, the entire transformation of the sector will be delayed.

A third threat is internal to our own model. We are asking brands that have never repaired anything to set up a repair program. We need to strike a delicate balance: not moving too fast, but not too slowly either. We must work hand in hand with brands to set a pace that allows us to develop our business without compromising its sustainability.

What about the workforce?

TS: It's a broader issue that goes beyond the fashion and textile sector. The ecological transition requires an evolution in skills, such as for the electrification of cars, or a return to certain skills that have almost disappeared, such as clothing repair. Some of these skills and know-how are not currently valued: education has a fundamental role to play in changing perceptions.

To find workers, we created the Repair Academy. Today, 30% of our workforce comes from there.

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