Le covoiturage sur de courtes distances en Île-de-France : une expérience en cours ?

L'Île-de-France met en place ses premières voies réservées sur le périphérique et les autoroutes A1 et A13...
Auteur
Zahia Attar
Publié le
12/3/2025

L'Île-de-France met en place ses premières voies réservées sur le périphérique et les autoroutes A1 et A13. Si cela constitue une avancée significative dans l'expérimentation de nouvelles solutions de mobilité, plusieurs défis persistent :

  • Un modèle économique fragile : la prime de 100 €, introduite en 2023 pour encourager les nouveaux adeptes du covoiturage, a été supprimée début 2024. Au départ, le gouvernement français offrait une récompense financière aux conducteurs effectuant un certain nombre de trajets partagés, mais sa suppression a nui à l'attrait du service.
  • Contraintes logistiques : la nécessité pour les conducteurs de faire des détours pour prendre des passagers peut réduire les gains de temps potentiels, ce qui peut limiter l'adoption du covoiturage.
  • Une adoption plus forte dans les zones à faible densité : selon Île-de-France Mobilités, 80 % des trajets de covoiturage subventionnés en 2024 ont eu lieu dans la grande banlieue, où les alternatives en matière de transports publics sont plus limitées.

Quels enseignements peut-on tirer des exemples internationaux ?

Los Angeles, ville connue pour ses embouteillages chroniques, encourage depuis longtemps les voies réservées aux véhicules à occupation multiple (HOV), qui ont contribué à augmenter le taux d'occupation des véhicules aux heures de pointe.

San Francisco a popularisé le covoiturage grâce au système « Casual Carpools », qui permet aux conducteurs de prendre des passagers sans réservation, facilitant ainsi les trajets partagés plus spontanés.

Oslo a mis en place un péage urbain différencié, où les conducteurs seuls paient plus cher que ceux qui font du covoiturage. Cette approche a permis de réduire le trafic routier de 35 %.

Adrien Tahon, de BlaBlaCar Daily, y voit une évolution majeure :

« La création des premières voies réservées en Île-de-France donnera une bien plus grande visibilité aux solutions de covoiturage domicile-travail et les mettra sur un pied d'égalité avec les autres modes de transport ».

Une solution pour désengorger Paris ?

Selon le TomTom Traffic Index 2023, Paris est la ville la plus encombrée de France, les automobilistes perdant en moyenne 120 heures par an dans les embouteillages.

De plus, le 6e baromètre de la conduite en solo de VINCI Autoroutes (septembre 2024) révèle que 85,7 % des automobilistes se déplacent seuls aux heures de pointe du matin, soulignant le rôle potentiel du covoiturage dans la réduction des embouteillages.

Selon le Cerema, le covoiturage sur de courtes distances peut également s’avérer efficace sur les axes urbains encombrés, offrant ainsi une véritable alternative à la conduite en solo.

Une question d’habitudes et d’incitations, plus que d’infrastructures

Alors que le Grand Paris continue d’étudier des stratégies visant à fluidifier le trafic, l’impact du covoiturage sur de courtes distances dépendra probablement d’une combinaison de mesures politiques, de l’engagement des entreprises et des initiatives des plateformes de mobilité

Cette expérimentation s'inscrit également dans l'héritage des Jeux Olympiques de 2024, qui ont encouragé les solutions de mobilité durable. En facilitant les trajets domicile-travail et en réduisant les embouteillages, ces efforts pourraient contribuer à l'objectif plus large d'améliorer l'accessibilité et de renforcer l'attrait économique et résidentiel de l'Île-de-France.

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