Le Grand Paris : leader européen en matière de biodiversité urbaine ?

Face à l'urgence climatique, les grandes villes se livrent à une course discrète mais cruciale...
Auteur
Zahia Attar
Publié le
11/6/2025

Face à l'urgence climatique, les grandes villes se livrent à une course discrète mais cruciale : qui réussira à réintégrer la nature dans la vie urbaine ?

Dans la Métropole du Grand Paris, le programme « Nature 2050 – Métropole du Grand Paris » s'impose comme un modèle phare : un programme à long terme, fondé sur la science et reposant sur des partenariats.

Lancé en 2019 par la Métropole du Grand Paris et CDC Biodiversité, ce programme soutient des projets de biodiversité urbaine à travers toute la métropole : restauration d’espaces dégradés, réintroduction de la nature dans des environnements densément bâtis et adaptation de la ville à la hausse des températures.

Les projets sont financés selon un modèle hybride (public + privé), font l’objet d’un suivi scientifique et s’inscrivent dans une perspective à long terme jusqu’en 2050.

Un cas concret : le parc André Malraux à Thiais (maire : Richard Dell’Agnola)

Autrefois vestige de l’urbanisme d’après-guerre, dominé par l’asphalte et des espaces verts négligés – « le site n’était rien d’autre que des allées pavées, quelques arbres et un bac à sable », se souvient Nicolas TRYZNA, adjoint au maire chargé de la transition écologique –, il est devenu un écosystème urbain vivant, plus frais, plus vert et plus inclusif, tant pour les humains que pour la faune.

Avec plus de 25 projets financés et 23 hectares déjà renaturés, un troisième appel à projets est en cours : il mobilise plus de 4 millions d’euros de nouveaux financements et vise à accélérer la transformation dans toute la région du Grand Paris. Les prochains lauréats seront annoncés le 11 juillet.

Comment le Grand Paris se positionne-t-il par rapport aux autres leaders européens ?

  • Barcelone déploie ses Superilles (superblocs), transformant des rues dominées par la voiture en zones vertes piétonnes agrémentées d’arbres, de jardins potagers et d’espaces publics ombragés. Plus de 500 pâtés de maisons sont visés d’ici 2030.
  • Milan prévoit de planter 3 millions d’arbres d’ici 2030 dans toute la métropole, dans les espaces publics, les écoles, les cours privées et les couloirs de transport, dans le but de réduire la température urbaine de 2 °C et d’absorber 5 millions de tonnes de CO₂.
  • Amsterdam est pionnière en matière d’urbanisme fondé sur la nature, intégrant toitures végétalisées, ponts écologiques et restauration des canaux dans ses stratégies de développement. La biodiversité est désormais une condition préalable obligatoire pour tous les projets financés ou approuvés par la ville.

Le Grand Paris se distingue par sa stratégie à l’échelle métropolitaine, sa rigueur scientifique et son engagement à long terme, générant un impact localisé dans les zones urbaines où la nature est la plus nécessaire.

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