
« C'est une façon d'écrire l'histoire avant même que le site soit en activité. »
À travers cette formule, Roxane Auroy, directrice adjointe de la maîtrise d'ouvrage chez SOGARIS, résume l'ambition du projet Les Amarres, porté par SOGARIS et HAROPA PORT, tous deux membres de PCE.
Situé quai d'Austerlitz, ce projet de réhabilitation des anciens magasins généraux, conçu par l'agence Encore Heureux, transformera d'ici début 2028 un patrimoine industriel du début du XXᵉ siècle en un lieu hybride réunissant logistique fluviale, activités économiques, restauration et accueil de jour de l'Association Aurore.
Avec Les Amarres, la logistique n’est pas traitée comme une fonction technique à reléguer en marge de la ville. Elle devient un sujet urbain à part entière : comment acheminer, stocker, réemployer, produire et rendre service dans une métropole dense, contrainte et exposée aux risques climatiques ?
Cette approche se traduit dès le chantier. Le curage du bâtiment vient de s'achever après une déconstruction menée avec pour objectif de maximiser le réemploi des matériaux. Briques, pavés de verre et autres éléments constructifs font ainsi l'objet d'un travail de requalification afin de leur offrir une seconde vie, lorsque leur état le permet.
Le chantier lui-même devient un terrain d'expérimentation. Bouygues Bâtiment Industrie, chargé du macro-lot principal, installera une base vie sur pilotis afin de respecter le Plan de prévention du risque inondation, tandis qu'une partie des approvisionnements transitera par la Seine. Une manière de redonner au fleuve sa vocation logistique avant même la mise en service du site.
Réemploi, transport fluvial, adaptation au risque de crue, préservation du patrimoine bâti et mixité des usages : cette démarche s'inscrit pleinement dans les objectifs du PLU bioclimatique parisien. se rejoignent dans un même projet.
Les Amarres sont un cas d’école sur la réintégration de la logistique dans la ville dense : dans les grandes métropoles, la logistique ne peut plus être pensée comme une infrastructure invisible, nécessaire mais encombrante. Elle doit devenir une composante intégrée de la ville productive, capable de dialoguer avec les activités économiques, les services, les usages du quotidien et les impératifs environnementaux.
À travers ce projet, SOGARIS et HAROPA PORT proposent une vision exigeante de la logistique urbaine : une logistique moins subie, mieux intégrée, plus sobre, et capable de contribuer à la qualité urbaine.