.png)
Pas de côté sur les normes qui encadrent la construction de logement collectif aux États-Unis.
Si le sujet nous intéresse, c’est parce qu’en France, lorsqu’on parle de transformation de bureaux en logements, la question normative revient systématiquement.
On imagine parfois qu’aux États-Unis, tout serait plus simple, plus « libéral ».
Un article publié début février dans Vox montre l’inverse : les normes techniques y constituent un frein majeur à la production de logement collectif.
Les codes de construction constituent un verrou véritable à la production de logements. Dans de nombreux États, dès qu’un bâtiment dépasse 2 logements, il change de catégorie juridique et devient un bâtiment « commercial ».
Conséquences : sprinklers obligatoires, architecte requis, 2 escaliers au-delà de 3 étages, ascenseurs aux standards commerciaux.
Un effet de seuil réglementaire qui complexifie l’équation économique. Le coût de construction au m² augmente ainsi avec la densité - à rebours de la logique européenne d’économies d’échelle.
Certaines évolutions normatives peuvent accroître le loyer mensuel de 169 à 279 dollars pour un T3 neuf dans un immeuble de 3 étages.
Certaines villes américaines expérimentent des réformes ciblées pour y pallier, mais l’article pointe 2 biais structurants :
Jesse Zwick, conseiller municipal à Santa Monica, le résume : “Building codes are supposed to be this technocratic process focused on safety, when in reality there are all sorts of values and biases embedded within them.”
La faisabilité se joue, au-delà du zonage, dans le détail des normes techniques et leurs effets de seuil.
L’enjeu culturel n’est pas à négliger.
En France, pour la transformation de bureaux en logements, les 21 propositions du rapport Sisyphe vont précisément dans ce sens.