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Avec 50 % de tous les tournages français réalisés en Île-de-France, 150 000 emplois et 6 000 entreprises dans les industries de l’image, le cinéma est l’un des moteurs créatifs les plus puissants de la région — et un levier majeur de l’attractivité métropolitaine.
Mais son empreinte environnementale est conséquente :
Longtemps négligés, ces impacts transforment désormais l’industrie. Depuis 2024, tous les projets sollicitant un soutien du CNC doivent fournir deux bilans carbone, le nouvel incitatif RSE+ encourage les pratiques responsables, et la France s’aligne sur les standards internationaux (Albert, Green Production Guide, SPA).
Dans ce contexte, deux initiatives parisiennes illustrent comment la circularité s’intègre dans la chaîne de production :
La Ressourcerie du Cinéma (Montreuil)
Co-fondée en 2020 par JR. Bonnin (ancien accessoiriste) et Karine d’Orlan de Polignac (photographe et cinéphile), La Ressourcerie du Cinéma est devenue un hub majeur de réutilisation de décors et matériaux de construction dans l’écosystème du Grand Paris.
« Notre objectif est de rompre avec le modèle du jetable. Ce que nous montrons chaque jour, c’est qu’il est tout à fait possible de créer autrement — sans sacrifier la qualité ni l’ambition artistique. » — Karine d’Orlan de Polignac
Certaines productions réutilisent désormais jusqu’à 80 % de leurs matériaux de décor (ex. Maria, Jessica Palud).
La Loge (Paris 9ᵉ)
Créée par la productrice S. Gélin et la costumière M. Collange, La Loge revend au public les costumes ayant servi à l’écran via un circuit direct avec les productions, résolvant un problème de longue date pour la réutilisation et donnant une seconde vie à des vêtements de qualité plutôt que de les envoyer en décharge.
« Une fois qu’un film sort, la même question revient toujours : que faisons-nous de tous ces costumes ? Notre objectif est que venir à La Loge après un tournage devienne un réflexe naturel. » — Mélody Collange
Ces deux initiatives couvrent des segments différents — réutilisation professionnelle vs. revente publique — mais reposent sur la même logique : prolonger la vie des matériaux, réduire les déchets et transformer ce qui était une perte finale en flux circulaires précieux.
Pourquoi c’est stratégique pour le Grand Paris
Avec 1 000 tournages par an, 2 500 sites de tournage, des studios et écoles de classe mondiale (FEMIS, Louis-Lumière), le défi est clair : maintenir l’industrie dynamique tout en réduisant son empreinte.
La circularité devient :
Comme le souligne le plan ACTION! du CNC, la transition écologique est aussi un enjeu de compétitivité et d’attractivité.
Le Grand Paris peut ainsi se positionner non seulement comme un hub majeur de production, mais aussi comme un leader européen du cinéma durable.