Sous les pieds des Franciliens, un gisement énergétique commence à se révéler

Mardi 19 mai, l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de Recherches Géologiques et Minière...
Auteur
Louise Tirvaudey
Publié le
27/5/2026

Mardi 19 mai, l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de Recherches Géologiques et Minière (BRGM) ont présenté les résultats du programme GEOSCAN Île-de-France, vaste campagne d’exploration du sous-sol francilien destinée à accélérer le développement de la géothermie profonde dans l’ouest et le sud de la région.

Pendant deux ans, près de 2 000 km² ont été étudiés sur environ 300 communes de l’ouest et du sud francilien. Pour mieux connaître ce sous-sol encore insuffisamment documenté, les équipes ont réalisé 280 km de relevés sismiques, qu’elles ont croisés avec les informations déjà disponibles dans des dizaines de puits existants. Ce travail a permis de construire une cartographie géologique 3D inédite du sous-sol francilien, utile pour repérer les secteurs les plus favorables à de futurs projets de géothermie profonde.

L’enjeu est stratégique : L’Île-de-France est déjà la première région française et européenne pour la géothermie profonde avec 54 installations actives, plus de 310 000 équivalents-logements chauffés et environ 400 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année. Mais cette dynamique reste historiquement concentrée à l’est de Paris, notamment dans le Département du Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis.

GÉOSCAN change la donne : les résultats de GÉOSCAN confirment le potentiel du réservoir du Dogger, déjà largement exploité, mais aussi celui de couches encore inexploitées comme l’Oxfordien ou le Trias. Le programme est également la démonstration que les collectivités disposent désormais d’outils plus précis pour lancer de nouveaux forages et sécuriser leurs investissements. Cela pourrait favoriser l’émergence de nouveaux réseaux de chaleur dans des territoires jusqu’ici moins couverts.

Pour le Grand Paris, ce n’est pas seulement un sujet énergétique. C’est un sujet d’aménagement, de souveraineté territoriale et d’attractivité de long terme.

Car aujourd’hui, en Île-de-France, près de 45 % de la consommation énergétique est liée aux besoins de chaleur, encore largement dépendants du gaz et des énergies fossiles. Décarboner le chauffage des bâtiments, sécuriser les réseaux de chaleur, réduire l’exposition aux fluctuations du prix du gaz : la géothermie profonde apporte ici une réponse locale, renouvelable et relativement stable en coût.

À l’heure où les grandes métropoles sont confrontées à la hausse des coûts énergétiques, aux objectifs climatiques et aux tensions sur les infrastructures, le sous-sol est plus que jamais un actif stratégique. Moins visible qu’une gare, un quartier ou un équipement culturel, mais tout aussi structurant pour la compétitivité future du territoire.

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