
Vendredi, L’Institut Paris Region consacrait son 4e webinaire sur les data centers à une question devenue centrale pour les collectivités : comment intégrer ces infrastructures dans une véritable stratégie de développement territorial ?
L’occasion pour PCE de partager plusieurs enseignements du Guide du data center durable et acceptable, co-réalisé avec France urbaine et Ville de Demain x STATION F, et de les confronter aux réalités rencontrées par les collectivités franciliennes.
« Les retombées économiques des data centers ne sont ni automatiques, ni uniformes », a rappelé Anne Fahy (Région Île-de-France).
Internalisation, colocation, hyperscale : les modèles économiques, les acteurs et les logiques de localisation diffèrent fortement (Félix Solé).
Avec 160 data centers, soit près de 40 % du parc national et 60/70 % des capacités de calcul françaises, l’Île-de-France dispose d’un réel atout pour l’attractivité numérique et la capacité d’innovation du territoire. Mais attractivité nationale et valeur territoriale ne se confondent pas.
Comme l’a souligné Chloë Voisin-Bormuth pour PCE, les bénéfices d’un data center peuvent être largement diffus, à l’échelle régionale, nationale voire européenne, alors que ses contraintes sont très localisées. D’où l’importance de raisonner en coût d’opportunité : quelle valeur le projet produit-il, mais aussi quelles autres trajectoires économiques l’affectation de ce foncier et de cette puissance électrique peut-elle rendre plus difficiles ?
À Paris-Saclay, où jusqu’à 80 ha pourraient être mobilisés pour des data centers, Sandrine Dupuy (Communauté d’agglomération Paris-Saclay) a rappelé que leur présence ne garantit automatiquement « ni la recherche, ni l’innovation, ni même l’adoption de l’IA par les entreprises ».
C’est pourquoi notre Guide insiste sur la capacité d’absorption du territoire : compétences, entreprises, formation, recherche, partenariats, accès au calcul. Plus cet écosystème est structuré, plus le territoire peut capter une partie de la valeur créée.
Pour Christophe Vénien (Grand Paris Sud), l’enjeu est précisément de négocier pour éviter que les collectivités ne deviennent de simples « territoires d’infrastructures » tandis que la valeur économique est captée ailleurs.
Plusieurs leviers se dégagent :
Comme l’a souligné Alexandre Durand (Groupe Iliad), un maire ne dispose pas toujours, seul, des leviers nécessaires face à des projets de plusieurs centaines de MW.
La question n’est plus seulement « comment attirer les data centers ? », mais de plus en plus : quels projets accueillir, où, pour quels usages, et comment faire en sorte qu’une infrastructure stratégique à l’échelle nationale produise aussi une valeur durable pour le territoire qui l’accueille ?
Merci à L’Institut Paris Region et à l’ensemble des intervenants pour ces échanges sur les arbitrages économiques, territoriaux et environnementaux liés à l’essor des data centers.
Replay à retrouver ci-dessous :
Plus d'infos sur le site de L'Institut Paris Region.