
Les 18 et 19 février, la 3e édition du Paris-Saclay Summit « Choose Science », organisée par l’agglomération Paris‑Saclay avec la Région Île‑de‑France, le Département de l’Essonne et Le Point, a réuni scientifiques internationaux, dirigeants d’entreprises et décideurs publics autour d’une question : quel modèle scientifique et technologique pour l’Europe ?
Trois fils rouges émergent des conférences auxquelles nous avons assistées :
La bataille des talents commence par la diversité
Les chiffres présentés par l’agglomération Paris-Saclay montrent un décrochage continu des femmes dans les filières scientifiques (voir article complémentaire sur notre site). Mais l’Europe ne peut pas prétendre être une puissance scientifique en laissant de côté la moitié de ses talents.
Les interventions de Clotilde Coron (Université Paris-Saclay) et Anne-Sophie Beauvais (Fondation de l’Université Paris Saclay) ont fait directement écho à l’entretien que Charlotte Jacquemot (ENS-PSL) nous avait accordé en janvier (à retrouver sur notre site web).
IA frugale et de confiance : une opportunité européenne
Face à la course mondiale aux grands modèles de fondation, gourmands en données et en énergie, plusieurs intervenants ont plaidé pour une autre voie : des modèles plus petits, plus spécialisés, plus sobres et explicables (Jamal Atif, Institut Polytechnique).
La frugalité n’est pas une contrainte mais un avantage compétitif dans un monde de ressources limitées (Jacques Sainte-Marie, INRIA).
Un paradoxe européen : une excellence scientifique reconnue mais une difficulté à passer à l’échelle industrielle
4 grands freins ont été identifiés : l’échelle des investissements, le manque de cohérence stratégique, la prudence des industriels (Marc Sciamanna, CentraleSupelec) et la lourdeur administrative (Jean-Marie Tarascon, Collège de France).
Paris-Saclay ambitionne de former une « constellation d’écosystème » (Grégoire de Lasteyrie), notamment via son appel pour construire une « Europe souveraine, libre et compétitive, par la recherche et l’innovation » qui consiste à fédérer un consortium de lutte contre le décrochage technologique face aux États-Unis et à la Chine.
Trois pistes d’action à mettre en oeuvre en Île-de-France :